Les premiers doutes

J’ai fini mon dernier article en vous expliquant qu’après la rentrée en petite section, nous avons commencé à rencontrer des professionnels pour trouver des réponses.

Étant du milieu, je pensais avoir un certain avantage… et parfois, c’en fut un. Mais ce fut aussi un handicap, notamment auprès des psychologues qui ont suivi Petit Guerrier.

Comme je l’expliquais précédemment, il montrait plusieurs signes qui m’ont alertée : difficulté à gérer ses émotions, crises de colère, se taper la tête au sol… et bien d’autres encore.

L’un des plus marquants fut son refus de contact.

Un lien difficile à créer

Lorsqu’un enfant tombe ou pleure, on s’attend à ce qu’il cherche le réconfort dans les bras de sa maman. Pas Petit Guerrier.

Pendant nos longues nuits blanches, alors que je voulais le bercer, il me repoussait. Comme une anguille, il cherchait à se libérer de mon étreinte. Il n’aimait pas les bisous ni les gestes d’affection. Mon mari et mon entourage vivaient la même chose.

Mon cœur de maman ne comprenait pas 💔. Comment créer un lien s’il me rejetait ? Qu’est-ce que je faisais de travers ? Était-ce de ma faute ?

Je ne suis moi-même pas très tactile, lui avais-je transmis une angoisse ?

Mille questions… aucune réponse 😢.

Une scène qui m’a marquée

À l’hôpital où je travaillais, j’ai un jour accueilli une maman avec son petit garçon autiste, âgé d’environ trois ans. En pleine visite, il s’est jeté dans les bras de sa mère pour un câlin.

Elle nous a dit :

« J’ai tellement de chance que, malgré son autisme, il soit câlin. »

Ses mots m’ont frappée. Ce n’était pas la première fois que la possibilité que Nolan soit autiste me traversé l’esprit mais ce jour là mon cœur s’est serré très fort.

Des signes qui interpellent

Petit Guerrier avait du mal à soutenir le regard, des intérêts restreints, une hypersensibilité au bruit et au toucher, marchait sur la pointe des pieds… Autant de signes que je connaissais, mais que je n’arrivais pas à faire entendre aux psychologues.

Lors des entretiens, dès que je mentionnais mon métier, la réponse tombait :

« Mais Madame, Petit Guerrier n’est pas autiste. »

Comme si mon rôle dans ce milieu me donnait d’office une carte « enfant sans TSA » 🙄.

À l’époque, je me sentais bête d’évoquer mes inquiétudes, alors qu’elles étaient légitimes. J’ai fini par me taire.

Les premiers rendez-vous

Premier psychologue : échec.

Au bout de deux séances, verdict : à 2 ans, Petit Guerrier aurait des « angoisses de mort » parce qu’il voyait son père diabétique se faire des injections… 🤔.

Je ne savais pas si je devais rire ou pleurer.

Deuxième psychologue : autre ambiance.

À trois ans tout juste, elle constate qu’il a un vocabulaire soutenu pour son âge. Verdict : haut potentiel intellectuel, ce qui expliquerait sa difficulté à gérer ses émotions.

Elle recommande un suivi hebdomadaire rapide.

Soulagement : enfin une réponse… du moins, pour l’instant … car le second rendez-vous avec cette dame fut un des pires de tous ceux que nous avons eu …

Mais on va garder un peu de suspense !

Tout ce que je sais c’est qu’au fil de ces rendez-vous, j’ai compris petit à petit que le plus important n’était pas l’étiquette qu’on mettrait un jour sur son dossier, mais le regard que je porte sur lui et les outils que nous trouverons pour l’aider à s’épanouir.

La valse des diagnostics n’est peut-être pas finie, mais une chose est certaine : je danserai toujours à ses côtés.

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