
Toute histoire à un commencement, voilà le notre.
2015, bébé est en route et j’ai hâte. Je ne n’idéalise pas totalement la chose et je crains les nuits sans sommeil (sans imaginer à quel point ça sera dur) mais je suis infirmière, j’ai des notions de puériculture, je connais les maladies infantiles et les gestes de premier secours. J’ai de longues années de babysitting derrière moi qui me seront certainement utiles et en plus, je me suis spécialisée dans le domaine de la pédopsychiatrie (un comble vu la suite des événements 😞).
Mais je n’étais pas prête pour ce qui m’attendais.
Petit guerrier est né en fin d’année, un beau bébé de plus de 4kg. Les deux premiers mois se passèrent à merveille dans le calme et la sécurité de la maison. Mais les choses, ont vite changé. Pour commencer, petit guerrier a décidé que dormir était désormais une activité superflue 😓.
Il s’endormait vers 20h, ce qui est tout à fait respectable, puis se réveillait vers minuit. Ensuite deux options s’offrait à nous (pour varier les plaisirs …) soit il se réveillait vers minuit et ensuite toutes les demi-heures avec un réveil définitif vers 5h30- 6h. Soit, j’avais le droit à un réveil prolongé jusque 3 ou 4h du matin et toujours un réveil définitif vers 5h30.
Vous devez vous dire qu’il se rattrapait la journée ? C’est ce que mon médecin me disait quand je lui faisais part de mes inquiétudes sur le manque de sommeil de Petit Guerrier. Mais non, pas de sieste. Enfin pas à proprement parler. Petit Guerrier dormait. 30 minutes, pile poil, pas une de plus, pas une de moins. Comme si un p***** de réveil était greffé dans son cerveau. 30 minutes de sommeil, uniquement en poussette. Si je m’arrête, il se réveille instantanément. Si quelqu’un m’adresse la parole, même un discret bonjour, il se réveille. Si une véhicule trop bruyant passe à proximité, réveil. J’ignorais à ce moment là que les nuits blanches de Petit Guerrier étaient les premiers signes d’un combat invisible.
Comme toute maman, je me tourne logiquement vers mon médecin pour lui faire part de mes inquiétudes et accessoirement de mon épuisement 😪. Mais mon médecin n’y croit pas, minimise, pense que j’exagère. Je parlerai plus en détail des années de troubles du sommeil qui ont suivis mais ce fut la première alerte chez Petit Guerrier.
Car si nous avons aujourd’hui un diagnostic de Gilles de la Tourette pour lui, il y en a eu d’autres qui l’ont précédé. Chez Petit Guerrier, les troubles du comportements sont apparus rapidement. Lorsqu’il avait à peine un an, si je lui disais “non“, il se tapait la tête au sol. Mon cœur de maman était mortifié, mon cerveau d’infirmière en pédopsychiatrie paniqua. Petit Guerrier ne dormait pas, il pleurait énormément et ne voulait pas de mes câlins. J’étais tellement impuissante.
Malgré le manqua de sommeil Petit Guerrier grandit, il parla tôt et bien. L’infirmière en moi se dit “super ! S’il peut mieux communiquer et exprimer ses besoins, les choses vont s’apaiser“ … Erreur. Rien ne s’apaisa. Forte de mon expérience d’infirmière en pédopsychiatrie, je me résolue alors à mettre en place des pictogrammes pour expliquer le déroulement de la journée ou pour lui montrer ce que j’attendais de lui. j’ajoutais un Timer car il était difficile pour Petit Guerrier de cesser une activité en cours. Tout un tas de petites astuces qui nous ont permis de maintenir notre quotidien à flot même si rien n’était simple.
La crèche entre moteur et tempête fut une période difficile. Petit Guerrier était fatigué de ses nuits blanches, il était rarement de bonne humeur et il était TRÈS turbulent. Il n’avait jamais de cesse, toujours à courir, sauter, essayer de nouvelles choses. Et parce qu’il faut aussi pointer le positif, au niveau moteur, on était au top ! N’empêche qu’à la crèche un enfant qui tape sa tête au sol ça interpelle et à juste titre.
À ses deux ans, j’ai tapé du point sur la table chez le médecin, ça n’était pas normal qu’il dorme si peu et je suis partie chez un pédiatre. Pédiatre qui ne m’a malheureusement pas plus aidé …. Nous avons donc était voir notre première psychologue. Clairement, on n’a pas accroché mais elle m’a néanmoins donné un contact qui nous aidera pour le sommeil.
L’arrivée en maternelle arriva, Petit Guerrier était de fin d’année et avait 2 ans et demi seulement mais il parlait très bien et avait le gabarit d’un enfant de 4ans. Je ne pourrais jamais assez remercier sa maîtresse qui malgré une année très difficile, des cris, des pleurs, des angoisses, ne l’a jamais catalogué comme un enfant terrible ou mal élevé. Elle l’a pris avec ses différences et à déployer des trésors de gentillesse et de bienveillance. Son objectif étant uniquement qu’il prenne du plaisir à venir à l’école. Malgré ses difficultés au niveau du comportement, il n’a jamais eu de retard scolaire.
A cette période, nous avons enchainé les psychologues, dur de trouver le bon. J’ai vraiment eu à 2 reprises l’impression d’être tombée sur des charlatans. Les premières ébauches de diagnostic ont suivis mais ça n’était que le début d’un long parcours avec pendant tout ce temps un Petit Guerrier en souffrance. Il me disait du haut de ses deux an demi “qu’il était un méchant garçon“, “qu’il était nul“. Moi qui avait toujours essayé de l’aider à avoir une bonne confiance en soi autant dire que je me dire ratée …
Aujourd’hui, je sais que Petit Guerrier n’était pas “trop gâté“, “trop mal élevé“, ou “capricieux“ et que je ne lui cherchait pas d’excuses, il y avait bien quelque chose. Désormais, j’ai un beau garçon de 9ans, poli, serviable, attentif aux autres mais pendant des années, j’ai douté. Je lui en ai parfois demandé trop, juste parce que le regard de la société m’y a poussé. Heureusement, on a appris à se connaître et à fonctionner ensemble comme une équipe mais il nous a fallut du temps. J’aurai aimé le comprendre mieux, plus vite et être plus forte pour lui, j’espère qu’il ne m’en tiendra pas rigueur. En attendant, je continue à faire au mieux pour accompagner Petit Guerrier dans son combat.
Suite au prochain épisode !
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